À Verquin, Brazzaville mise à l’honneur à l’occasion de la commémoration des 86 ans du « Manifeste de Brazzaville »
Quatre-vingt-six ans après le Manifeste de Brazzaville, la mémoire de la France libre et le sacrifice des soldats africains ont été au cœur d’une cérémonie commémorative organisée mardi 27 octobre 2026 — au cimetière communal de Verquin, dans le Pas-de-Calais. Élus, représentants diplomatiques et invités se sont réunis autour de la stèle dédiée aux combattants morts pour la liberté, afin de faire vivre une page majeure de l’histoire partagée entre la France et la République du Congo.
Invité à cette commémoration, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Congo en France, Rodolphe ADADA, était représenté par le ministre conseiller, Armand Remy BALLOUD-TABAWE.
Le 27 octobre 1940, depuis Brazzaville, le général Charles de Gaulle réaffirmait sa détermination à poursuivre le combat contre l’Allemagne nazie. Devenue capitale de la France libre, Brazzaville occupe une place singulière dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, illustrant le rôle déterminant de l’Afrique dans la lutte pour la liberté.
Prenant la parole au nom de l’ambassadeur du Congo, Armand Remy BALLOUD-TABAWE, ministre conseiller, a souligné la portée de cet héritage, véritable trait d’union entre les deux pays. Il a insisté sur la nécessité de préserver cette mémoire et de la transmettre aux jeunes générations, évoquant notamment les initiatives visant à réhabiliter à Brazzaville les lieux emblématiques de cette histoire, dont le Centre de recherche et de formation d’arts dramatiques (Cfrad), qui a accueilli la conférence de Brazzaville en 1944.
Cette initiative symbolique, qui s’inscrit dans la dynamique de rapprochement et de coopération portée par les présidents Denis Sassou Nguesso et Emmanuel Macron, vise à renforcer les liens historiques entre les peuples congolais et français et à transmettre durablement leur mémoire commune aux générations futures.
Au nom du conseil municipal, la maire de Verquin, Mme Sylvie Tassez, a exprimé son émotion et sa satisfaction d’accueillir le représentant de l’ambassade du Congo. Elle a salué la fidélité des participants à ce rendez-vous commémoratif, rappelant que les grandes pages de l’histoire ne sont pas l’apanage des seules capitales et grandes métropoles.
Expliquant les raisons qui ont conduit cette commune de 3 496 habitants à ériger une stèle dédiée à Brazzaville, l’élue de Verquin a défendu une conviction forte : la mémoire historique constitue un patrimoine universel dont chaque collectivité peut être la gardienne.
Elle a également rendu un hommage appuyé à Thierry Tassez, initiateur de cette démarche, dont l’engagement a contribué à concrétiser le projet. Le don d’une parcelle destinée à accueillir une stèle jumelle au Congo témoigne de cette volonté de rapprocher les peuples par la connaissance de leur histoire commune.
Au-delà du devoir de mémoire, la maire a appelé à faire vivre cette relation à travers des échanges, des rencontres et des projets communs. Elle a également souligné l’importance de promouvoir la fraternité et de poursuivre la lutte contre le racisme et toutes les formes de discrimination.
La cérémonie s’est poursuivie par le dévoilement de la plaque « Villages et Villes Sages », marquant l’adhésion de Verquin à la Fédération française des villages et villes sages. Cette séquence a prolongé l’esprit de la commémoration en mettant à l’honneur les valeurs de solidarité, de respect et de vivre-ensemble.
À Verquin, l’hommage rendu à Brazzaville a ainsi dépassé le seul rappel du passé. Il a porté un message d’avenir : celui d’une mémoire vivante, capable de rapprocher les peuples, de nourrir la fraternité et de rappeler aux nouvelles générations le prix de la liberté.